Le Jeepney philippin

Les Philippines, comme bien d’autres pays un peu partout dans le monde, disposent, elles aussi, de leur propre mode de taxi collectif, un véhicule que l’on appelle là-bas Jeepney.  Le Jeepney est un moyen de transport très populaire et très répandu, dans les villes comme dans les campagnes.  Comme partout ailleurs, ces taxis ( reservation taxi ) collectifs sont plutôt bondés, hyper voyants, très colorés, tonitruants et même très kitsch, mais ils sont devenus un symbole pour tout un pays et font partie des formes d’art populaires et de la culture philippine moderne.  Le Jeepney a même eu son heure de gloire quand, en 1964, il fut exposé à l’Exposition Universelle de New-York.

A l’origine, le Jeepney, vous vous en doutez certainement, est fabriqué avec les Jeeps que les américains ont laissées en se retirant après la deuxième guerre mondiale.  Selon les sources, l’origine de son nom diffère, pour certains, le nom Jeepney viendrait tout simplement de la contraction des termes Jeep et jitney, un terme familier qui est donné par les anglais aux pièces de cinq cents qui était à l’origine le prix d’un trajet, alors que pour d’autres, le terme Jeepney est très certainement la contraction du mot Jeep et du mot genou, parce que les passagers sont tellement serrés les uns contre les autres dans ce type de véhicule que leurs genoux ne peuvent que se toucher…  Les deux versions sont autant crédibles l’une que l’autre, et l’origine du nom est peut-être tout simplement un mixage des trois mots, allez savoir !

Un peu d’histoire…

Quand, à la fin de la seconde guerre mondiale, les troupes américaines ont décidé de quitter les Philippines pour rentrer chez elles, elles ont laissé sur place ou parfois même vendu, toutes les jeeps et les pièces détachées qu’elles ne souhaitaient pas ramener au pays.  Ces véhicules militaires ont alors été transformés pour devenir ce que nous connaissons dorénavant sous le nom de Jeepney. 
Aux Philippines il fait très chaud, et une des toutes premières modifications a donc été de rajouter des toits à ces véhicules pour faire de l’ombre, on a également rajouté des chromes, beaucoup de chromes, un peu partout, pour les rendre plus clinquants et pour en faire des objets bien plus jolis et on les a ensuite peints dans des couleurs plutôt vives et gaies pour qu’ils soient plus joyeux et surtout moins sobres. 

A l’intérieur du véhicule aussi, les adaptations et modifications, ont été nombreuses.  On a par exemple, installé deux longs bancs parallèles qui permettent aux passagers de s’asseoir face à face durant le voyage.  Et là aussi, au fil du temps, quand dans tous les paya où ce mode de transport est populaire, ces bancs se sont allongés peu à peu pour accueillir le plus de passagers possibles dans un souci constant de rentabilité maximum. Le Jeepney est alors devenu un moyen de transport très prisé et populaire que les philippins empruntent chaque jour ou presque, que ce soit pour se rendre tout simplement au travail ou même au marché.  Face à cette popularité grandissante, le gouvernement a bien été obligé de légiférer.  Une nouvelle classe de permis de conduire a donc été créée spécialement pour les chauffeurs de Jeepneys, les tarifs ont été fixés et réglementés et un système d’immatriculation spécifique et de licences a été mis en place.

Les chauffeurs de Jeepneys ont dû se battre pour faire survivre ce mode de transport partout dans le pays.  Les différents constructeurs de pièces automobiles ayant décidés de fabriquer d’autres pièces, il devenait de plus en plus difficile de trouver des pièces pour réparer les pannes.  Ils ont également été confrontés aux réglementations de plus en plus contraignantes en matière de pollution.  Des études ont même prouvé qu’un Jeepney consommait autant, sinon plus, pour ne transporter que 16 passagers, qu’un bus qui en transporte 54 et qui est équipé de l’air conditionné et de tout le confort moderne…  En 2016, le gouvernement a même imposé un âge limite aux Jeepneys…  Quinze ans, les véhicules plus âgés n’étant plus autorisés à rouler, ils finissent alors à la casse.

Si vous voyagez sur l’île de Cebu, vous trouverez des Jeepneys qui sont fabriqués à partir de camions japonais, on les appelle alors là-bas les Surplus Trucks.  Les Surplus Trucks sont bien souvent des camionnettes ou des minivan Suzuki ou Isuzu qui ne sont plus vendus au Japon.  Ils sont aussi bien souvent équipés de sonos puissantes et assourdissantes et ont un look plus sport, avec un échappement ultra bruyant.  Ils sont également bien plus grands que les Jeepneyx traditionnels que vous emprunterez à Manille, la capitale. Dans la ville d’Iloilo par contre, pour fabriquer des Jeepneys, on utilisera plutôt des voitures du modèle Sedan ou des pick-up, le pick-up ayant un châssis semblable à celui des voitures Sedan mais un peu plus allongé.

Et enfin dans la ville de Davao, vous trouverez des Jeepneys bien différents, tellement différents qu’ils portent d’ailleurs un autre nom, là-bas c’est le Uso-uso que vous emprunterez pour découvrir le coin.  Ce sont des véhicules ( fourrière ) très modernes, les modèles le plus récents sont équipés de chromes bien brillants et ils sont eux aussi, quasi toujours équipés d’une sono dernier-cri qui fait d’eux une véritable discothèque ambulante. Le fabricant de Jeepneys le plus connu au monde est plus que certainement le constructeur Sarao, qui en fabrique depuis 1953.  Au fait de sa gloire, vous trouviez environ 7 Jeepneys Sarao pour un Jeepney d’une autre marque.  De nos jours, Sarao fabrique toujours des Jeepneys. Alors, si vous rendez d’ici peu aux Philippines, n’hésitez pas du tout à emprunter un Jeepney, un Uso-uso ou un Surplus Plus, peut-être que la prochaine fois que vous pourrez vous rendre dans ce pays, les réglementations ayant tellement évoluées, vous n’en verrez malheureusement plus aucun dans les rues de Manille !